Résumé :
Une caractéristique remarquable de notre cerveau est sa capacité à créer des images mentales d’événements. L’imagerie motrice, définie comme la simulation mentale de mouvements sans exécution réelle, constitue une stratégie visant à optimiser la performance motrice, tant dans le domaine sportif que dans celui de la rééducation. Elle mobilise des réseaux neuronaux largement superposables à ceux engagés lors de l’exécution réelle, ainsi que des modèles internes prédictifs impliqués dans l’anticipation des conséquences sensorielles de l’action, ce qui permet l’apprentissage d’un mouvement. Néanmoins, les capacités d’imagerie motrice présentent une variabilité interindividuelle marquée, allant de l’hyperphantasie (imagerie particulièrement vive) à l’aphantasie (altération, voire absence, de la capacité d’imagerie). À l’heure actuelle, les données empiriques demeurent insuffisantes pour établir de manière concluante l’existence d’un lien robuste entre prédiction sensorimotrice et apprentissage moteur par pratiques physique et mentale. De plus, l’influence de ces différences interindividuelles sur l’engagement des mécanismes prédictifs impliqués dans l’apprentissage moteur au cours d’un entraînement mental demeure largement inexplorée. Ce travail vise à combler ces lacunes en examinant la relation entre prédiction sensorimotrice et apprentissage moteur, ainsi que l’influence des différents profils d’imagerie motrice sur la mobilisation des modèles internes prédictifs lors des pratiques physique et mentale. Des outils de pointe, tels que la stimulation magnétique transcrânienne (SMT), l’électroencéphalographie (EEG) et le couplage SMT-EEG, seront mobilisés afin de caractériser les différences d’activité neurophysiologique associées aux variations comportementales observées

